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Carte nationale d'identité

L'édition 2026 du Code général des impôts fixe le timbre de la CNI à 10 000 FCFA à une page et à 1 000 FCFA à une autre. La DGSN, elle, n'affiche aucun montant. Tous les chiffres et qui les porte.

Cette page ne vient pas du catalogue du Trésor. La seule carte d'identité qui y figure est celle des marins, à 20 000 FCFA. Il n'existe aucune fiche pour la carte nationale d'identité. Les montants ci-dessous sont lus dans le Code général des impôts, dans l'ordonnance qui l'a modifié, et dans ce que publie l'administration qui délivre la carte.

Le timbre a deux valeurs officielles

L'édition 2026 du Code général des impôts imprime l'article 549 deux fois. Les deux versions ne disent pas la même chose.

Endroit du volume Nature du texte Droit de timbre
Corps du volume, page 164 Le texte de la loi de finances 2023, non signalé comme abrogé 1 000 FCFA
Annexe, page 358 L'ordonnance de juin 2024, non signalée comme en vigueur 10 000 FCFA

L'annexe reproduit l'ordonnance n° 2024/001 du 20 juin 2024, qui a modifié les articles 470 bis, 548, 549 et 549 bis. Le corps du volume, lui, reproduit la loi de finances 2023, la loi n° 2022/020 du 27 décembre 2022. Nous l'avons vérifié sur notre exemplaire de cette loi : son article 549 laisse la ligne de la carte d'identité en « sans changement », et le reste de son barème correspond mot pour mot au corps de l'édition 2026.

Le code consolidé officiel transporte donc l'état 2023 de l'article et l'état 2024 du même article, dans le même fichier, sans rien qui dise lequel s'applique. La loi de finances 2026 n'a touché ni l'un ni l'autre.

L'ordonnance est le texte le plus récent, et en bonne logique c'est elle qui l'emporte. Nous le présentons comme une lecture et non comme un constat, parce que le document censé trancher est précisément celui qui se contredit.

À noter sur cette annexe : elle est titrée « ORDONNANCE DU JUIN 2024 », sans numéro et sans quantième. Le numéro et la date, nous les avons pris au dépôt de la Présidence, pas au Code des impôts.

L'ancien montant, et ce que la police a dit

Tous les comptes rendus de juin 2024 indiquent un passage de 2 800 FCFA à 10 000 FCFA. Or nous n'avons trouvé 2 800 dans aucune version de l'article 549 que nous détenons. Le corps de l'édition 2026 dit 1 000. Le montant que tout le pays payait avant 2024 ne correspond donc pas non plus au texte.

Puis l'administration a contredit l'ordonnance. Quelques jours après la signature, alors que des unités de police réclamaient déjà le nouveau montant, la Délégation générale à la Sûreté nationale a rappelé que, jusqu'à nouvel ordre, le prix de la CNI restait inchangé à 2 800 francs CFA. L'information est rapportée en juin 2024 par Lebledparle, qui est un site d'information et non une autorité. Nous n'avons pas retrouvé le communiqué de la DGSN lui-même.

En juin 2024, trois montants étaient donc vivants en même temps : 10 000 dans l'ordonnance, 2 800 selon la police, et 15 000 réclamés à certains guichets.

Où vont les 10 000 FCFA

L'ordonnance n° 2024/001 répartit le timbre de la CNI dans son article trente-septième (ter).

Bénéficiaire Quote-part Sur 10 000 FCFA
Le prestataire 90 % 9 000 FCFA
L'administration maître d'ouvrage 10 % 1 000 FCFA
Le Trésor public Rien 0 FCFA

L'État n'encaisse rien. La totalité d'un impôt appelé droit de timbre est affectée à l'entreprise qui fabrique la carte et au service qui la commande. Le prestataire est Augentic GmbH, société allemande de systèmes d'identité associée à la DGSN, comme cela a été rapporté en juin 2024.

C'est la meilleure raison de se méfier des chiffres ronds qui circulent. Un prélèvement reversé à 90 % à un prestataire se comporte comme un prix, et c'est ainsi qu'on en parle, mais il est perçu comme un impôt et vous ne pouvez pas le refuser.

L'administration qui délivre la carte n'affiche aucun prix

Le site de la DGSN, consulté le 21 octobre 2026, décrit la carte en détail et ne donne aucun montant. Il cite le décret n° 2025/059 du 28 février 2025 fixant les caractéristiques et les modalités d'établissement et de délivrance des titres identitaires. Il indique que la carte est valable dix ans, que le pré-enrôlement en ligne sur idcam.cm est obligatoire, et que le processus « commence par le pré-enrôlement et le paiement du droit de timbre en ligne ».

Cette dernière phrase tranche un débat. Ce que vous payez en ligne au pré-enrôlement est le droit de timbre lui-même, et non des frais d'enrôlement qui s'ajouteraient. Un guide très consulté, uniresa.com, publie un timbre de 2 850 FCFA plus 10 000 FCFA à régler lors de l'enrôlement en ligne, soit 12 850 au total. L'administration qui délivre la carte décrit un seul paiement.

Nous n'avons pas pu lire idcam.cm : le site a répondu HTTP 403 à une requête ordinaire le 21 octobre 2026. Les pages de la DGSN, elles, ont servi leur contenu avec un code HTTP 500.

Le total de 15 500 FCFA ne tient pas

Le chiffre qui circule comme coût réel de la CNI est 15 500 FCFA, en trois morceaux. Chacun se vérifie séparément, et deux des trois ne résistent pas.

Élément Ce que nous pouvons sourcer Chiffre publié
Timbre fiscal 10 000 à l'annexe, 1 000 au corps du même code 10 000 FCFA
Certificat de nationalité Le Trésor publie 2 000 FCFA 3 500 FCFA
Copie certifiée de l'acte de naissance Aucun tarif national n'existe 2 000 FCFA

Pour le certificat de nationalité, le catalogue du Trésor le porte à 2 000 FCFA, rattaché au ministère de la Justice. Ce chiffre est mieux établi que les 3 500, publiés par saimondy.com, camer.be, infospratiques.cm et d'autres, dont aucun ne cite de texte.

Mais la référence du Trésor ne résiste pas à la vérification. Notre relevé du catalogue rattache le certificat à l'article 44 de la loi de finances 2026. Nous avons lu cet article dans la loi promulguée. Il est intitulé « Dispositions relatives aux recettes non fiscales issues du secteur de la Justice » et il institue quatre choses, toutes dans l'administration pénitentiaire : la cession de la main-d'œuvre pénale, les recettes de la production pénitentiaire, les prestations sanitaires des centres médicaux pénitentiaires et les formations de l'École nationale de l'administration pénitentiaire. Il tarife la main-d'œuvre pénale et renvoie le reste à un texte ministériel. Le certificat de nationalité n'y est jamais nommé et le montant de 2 000 FCFA n'y figure pas.

Ce qui s'est passé se lit dans notre propre relevé daté. Le même numéro d'article est accroché à six prestations du ministère de la Justice. Quatre sont exactement celles qu'institue l'article 44. Les deux autres, le certificat de nationalité et les actes judiciaires et extrajudiciaires, n'y sont pas. Un numéro d'article a été appliqué au bloc entier d'un ministère.

Les 2 000 restent donc le meilleur chiffre disponible, et l'autorité qu'on lui prête ne dit pas ce qu'on lui fait dire.

Une dernière remarque sur ces 2 000. Le catalogue du Trésor est un catalogue de recettes non fiscales, et un droit de timbre est un impôt perçu par l'administration fiscale. Les 2 000 sont donc les frais de délivrance du certificat, et un éventuel timbre s'ajoute en ligne distincte. D'où une arithmétique qu'il faut énoncer et étiqueter : le timbre fiscal ordinaire vaut 1 500 FCFA, et 1 500 plus 2 000 font 3 500. Les 3 500 qui circulent sont peut-être le timbre et les frais additionnés, plutôt qu'un chiffre concurrent pour la même chose. C'est notre déduction à partir de deux nombres sourcés. Aucun texte ne le dit et nous ne la présentons pas comme un constat.

Pour l'acte de naissance, il n'existe pas de prix national. Les actes d'état civil sont délivrés par la commune, et ce qu'une mairie facture pour une copie certifiée est fixé localement. Le Bureau national de l'état civil publie son propre tarif, 2 500 FCFA pour une copie d'acte et 2 500 FCFA pour un extrait, mais ce guichet n'est pas celui de votre mairie.

La formulation honnête est donc la suivante. Le timbre vaut 10 000 FCFA si l'on suit l'ordonnance, 1 000 FCFA si l'on suit le corps du Code des impôts. Les pièces à fournir coûtent ce que votre tribunal et votre commune demandent. 15 500 est une addition vraisemblable de trois nombres dont deux ne sont sourcés par personne.

Les pièces exigées

La DGSN énumère le dossier. Première demande : copie certifiée conforme de l'acte de naissance, de l'extrait, du jugement supplétif ou du livret familial ; copie certifiée de l'acte de mariage pour la femme mariée ; pièce justificative de la profession s'il y a lieu ; certificat de nationalité signé du président du tribunal de première instance du lieu d'établissement de la carte.

Le certificat de nationalité est la pièce qui fait entrer des frais de justice dans un dossier de carte d'identité. C'est pour cela qu'il apparaît dans tous les totaux, et c'est aussi l'élément que ces totaux chiffrent mal.

Ce que cette page ne dit pas

Ce qu'un guichet réclamera. Le délai d'obtention. Et si le tarif de 1 000 FCFA inscrit au corps du Code des impôts est appliqué quelque part.

Sources

Sauf mention contraire, documents consultés le 21 octobre 2026.

  • Code général des impôts, édition 2026notre copie, impots.cm. Article 549 à la page 164, puis à la page 358. Volume archivé intégralement.
  • Ordonnance n° 2024/001 du 20 juin 2024notre copie modifiant la loi n° 2023/019 du 19 décembre 2023 portant loi de finances pour 2024. Déposée sur prc.cm. Article quinzième (bis) pour le timbre, article trente-septième (ter) pour la répartition.
  • Délégation générale à la Sûreté nationale, dgsn.cm, page des titres identitaires, citant le décret n° 2025/059 du 28 février 2025.
  • idcam.cm, site officiel de pré-enrôlement. HTTP 403 le jour de la consultation.
  • Catalogue des services payables du Trésor, relevé du 18 octobre 2026, pour le certificat de nationalité à 2 000 FCFA et les tarifs du Bureau national de l'état civil.
  • Lebledparle, juin 2024, pour la déclaration de la DGSN maintenant le prix à 2 800 FCFA.
  • Vitrine du Cameroun, 22 juin 2024, pour les 90 % reversés à Augentic GmbH. Le pourcentage correspond à l'ordonnance que nous détenons.
  • saimondy.com, 23 juin 2024, et camer.be, pour le total de 15 500. Agrégateurs, pas autorités.
  • uniresa.com pour la version 2 850 plus 10 000. Agrégateur.

Le Cameroun n'a pas de Journal officiel en ligne. prc.cm fait office de journal de référence.

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Page mise à jour le 21 octobre 2026