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Permis de conduire

Le droit de timbre sur le permis et son duplicata est de 10 000 FCFA, article 550 du Code général des impôts. Les frais d'établissement ne sont publiés nulle part. Les 250 000 FCFA des titres de presse sont un prix d'auto-école, pas un tarif d'État.

Celui-ci figure bien au catalogue du Trésor. Sa fiche, frais d'établissement de permis de conduire, ne publie aucun montant, et la page le dit. Celle-ci explique ce que le Trésor omet, où se trouve le vrai chiffre, et pourquoi le nombre qui fait les titres n'est pas un tarif d'État.

Trois natures d'argent se mélangent ici. Les séparer, c'est tout le travail.

Ce que l'État perçoit

Élément Texte Montant
Droit de timbre, permis national CGI, article 550 (a) 10 000 FCFA
Droit de timbre, duplicata du permis CGI, article 550 (a), même tarif 10 000 FCFA
Droit de timbre, certificat de capacité pour certains véhicules urbains CGI, article 550 (b) 10 000 FCFA
Timbre de dimension sur la demande CGI, article 547 1 500 FCFA
Frais d'établissement Ministère des Transports, non publié Aucun montant publié

L'article 550 (a) de l'édition 2026 dit : « Les permis de conduire nationaux et leurs duplicata sont soumis à un droit de timbre fiscal de F CFA 10 000. » L'article 464 est la règle distincte qui assujettit le permis au timbre, en distinguant les permis nationaux de leurs duplicatas.

Le timbre a doublé, et nous pouvons nommer le texte. L'édition 2022 du même article disait 5 000 FCFA. La loi n° 2022/020 du 27 décembre 2022 portant loi de finances pour 2023 range l'article 550 parmi les articles du Code qu'elle modifie, puis le réécrit sous un intitulé nouveau, « B bis - PERMIS DE CONDUIRE », à 10 000 FCFA. Nous l'avons lu dans notre propre exemplaire de la loi. Le tarif s'applique depuis le 1er janvier 2023.

Le même article de la même loi a porté le timbre de dimension de l'article 547 de 1 000 à 1 500 FCFA pour le papier normal et la demi-feuille, ce qui explique que plusieurs autres montants de ce site aient bougé à la même date.

Un dernier texte relie les deux moitiés de cette page. L'arrêté n° 00406/A/MINT/DTT du 28 avril 2000 porte réglementation du permis de conduire et des auto-écoles. Son article 46 dit : « Les permis de conduire délivrés en vertu du présent arrêté sont soumis aux droits de timbre en vigueur. » Il ne fixe aucun montant. Il renvoie le timbre au Code des impôts, où vivent les 10 000.

Il n'existe pas de ligne renouvellement

L'article 550 nomme le permis national et son duplicata. Il ne nomme pas le renouvellement.

Cela ressemble à une rédaction voulue et non à un oubli, car le Code nomme le renouvellement quand il l'entend. Trois articles plus loin, l'article 553 fixe le timbre du permis de port d'armes à 100 000 FCFA et ajoute : « Ce même tarif s'applique à leur duplicata et à leur renouvellement. » L'article 461 fait de même pour les cartes de séjour.

Nous ne pouvons donc pas vous dire à quel tarif un renouvellement est timbré. Ou bien il est traité comme un permis national neuf à 10 000 FCFA, ou bien il ne porte aucune ligne de timbre. Les deux lectures tiennent sur le texte et nous ne tranchons pas. Le catalogue du Trésor n'aide pas : il n'a de fiche distincte ni pour le renouvellement, ni pour le duplicata, ni pour l'échange d'un permis étranger.

Les frais que personne ne publie

La fiche du Trésor s'appelle « Frais d'établissement de permis de conduire », ministère des Transports, Direction des transports routiers. Son champ montant est vide. Son champ règles de tarification est vide. Elle cite la loi de finances 2024 comme référence légale et renvoie l'usager vers permicam.cm.

Deux choses méritent d'être dites.

Le montant vide est délibéré et entretenu. La fiche a été publiée le 9 juin 2026 et était encore mise à jour le 21 octobre 2026, jour de notre lecture. Trente-neuf des cinquante-cinq fiches du ministère portent un montant. Le champ sert quand un tarif existe. Ici, le formulaire de paiement demande à l'usager de saisir lui-même le montant à payer.

Et la référence légale ne porte aucun tarif. La loi de finances 2024 est la loi n° 2023/019 du 19 décembre 2023. Son article 33 tarife les autorisations et licences de transport, à 150 000 FCFA pour plusieurs d'entre elles, en citant le décret n° 2022/8801/PM du 10 octobre 2022. L'expression permis de conduire n'apparaît dans ce document que dans un tableau d'amendes routières. Elle ne fixe aucun tarif de permis.

Suivez la chaîne officielle et elle s'arrête derrière une authentification. mintransports.cm, le site vivant du ministère, affiche des liens vides là où devraient être ses textes, ses circulaires et ses décisions, et ne publie aucun barème. Son portail des titres sécurisés a lui aussi des liens vides. permicam.cm, l'adresse vers laquelle le Trésor lui-même renvoie, est une page de connexion. Le tarif, s'il est publié quelque part, l'est à ceux qui ont déjà un compte.

Il existe aussi des frais d'examen, et c'est l'exemple le plus net sur cette page d'une charge que l'État a créée sans jamais la chiffrer. L'article 19 du même arrêté de 2000 prévoit des frais à payer par les candidats pour l'organisation des examens, dont une partie paie les indemnités du jury, « dont le montant est fixé par un texte particulier du ministre chargé des transports ». Nous n'avons pas trouvé ce texte, et aucun montant n'est publié nulle part. Une charge existe en droit sans chiffre publié : c'est le vide que les guides commerciaux remplissent avec des nombres allant de 20 000 à 240 000 FCFA.

Une correction au passage, à partir de l'annuaire statistique 2025 du ministère. On présente souvent le permis biométrique comme une chose faite. Dans cet annuaire, le mot apparaît une fois, dans une liste de priorités pour 2026-2030 : « Permis de conduire : modernisation des procédures (biométrie, dématérialisation des examens théoriques) et instauration du permis à points. » C'est un projet. Ce qui a réellement changé récemment, c'est le timbre.

Les permis sont imprimés par la Presbyterian Printing Press, désignée dans le même annuaire comme « l'organe qui assure l'impression des permis ». Ce qu'elle perçoit, et au titre de quelle concession, n'est pas publié.

Les 250 000 FCFA sont un prix d'auto-école

En janvier 2023, Journal du Cameroun titre : « Cameroun : les frais de permis de conduire désormais à 250 000 F ». Lu tel quel, cela dit que l'État a porté le permis à 250 000 FCFA. Il n'en est rien.

Le corps du même article le reconnaît : « La décision est ressortie de l'assemblée générale des promoteurs d'auto-écoles. » Une association professionnelle de propriétaires d'auto-écoles de la région du Centre s'est réunie le 22 décembre 2022 à Yaoundé et s'est entendue sur une grille. L'un d'eux, Serge Yoba, dit ce qu'elle achète : « le payement de frais de 250.000FCfa pour deux mois ; le respect de 40h de cours théoriques et de 20h de cours pratiques ». Et ce qu'il veut faire cesser : « Pour une formation à 50 ou 60.000FCfa, on ne peut vraiment pas vous donner même le quart du temps réglementaire. »

Deux choses dans cette grille, que tous les titres ont laissées tomber. Chaque ligne porte « à partir de » : 250 000 est un plancher, pas un prix. Et la même grille propose une formation B plus courte, dix heures de théorie et dix de pratique, à partir de 150 000 FCFA.

Ce que l'assemblée a arrêté Montant
Inscription, toutes catégories 10 000 FCFA
Catégorie A, deux mois À partir de 75 000 FCFA
Catégorie B, deux mois, 40 h de théorie et 20 h de pratique À partir de 250 000 FCFA
Catégorie B, 10 h de théorie et 10 h de pratique À partir de 150 000 FCFA
Catégorie T, deux mois À partir de 100 000 FCFA
Catégories C, D et F, deux mois À partir de 400 000 FCFA

Ce qu'ils ont adopté à côté, c'est un code de déontologie signé par les promoteurs eux-mêmes. Pas un arrêté, pas un décret. Aucun texte ne fixe 250 000 FCFA et aucun ne l'a jamais fait : un congrès du syndicat national des auto-écoles avait arrêté en 2016 les mêmes 250 000, et 300 000 pour une formule accélérée, exactement de la même manière, ce que le quotidien national avait alors présenté pour ce que c'était, une décision de profession.

Les 250 000 FCFA sont donc un prix plancher privé pour une prestation privée, fixé par ceux qui la vendent, et qui n'oblige personne. Ce n'est pas comparable au timbre de 10 000 FCFA, et additionner les deux produit un nombre qui ne veut rien dire.

C'est l'exemple le plus net, sur tout ce site, d'un coût privé rapporté comme un tarif public. C'est pour cela que cette page est coupée en trois.

Les chiffres qui ne se recoupent pas

Affirmation Qui la publie Face à quoi
Timbre du permis à 10 000 FCFA CGI, article 550, édition 2026 Le texte. C'est le chiffre
Timbre du permis à 5 000 FCFA CGI, article 550, édition 2022, et encore en circulation Dépassé
Timbre porté à 25 000 FCFA Un message viral, novembre 2023 Démenti par le ministère
« Droits officiels » 11 500 FCFA infospratiques.cm, agrégateur Non confirmé
« Un permis de conduire coûte 250 000 FCFA » temovision.com, agrégateur Un prix de formation privé

Les 25 000 ont produit la seule déclaration officielle que nous puissions citer, et nous avons lu le document.

C'est une note d'information sur le papier à en-tête bilingue du ministère des Transports, Secrétariat général, Cellule de la communication, intitulée « PAS D'AUGMENTATION DU TIMBRE DU PERMIS DE CONDUIRE EN 2024 ». Elle dit :

Une information, devenue virale, circule sur les réseaux sociaux. Selon celle-ci, les FRAIS DE TIMBRE du Permis de conduire passeront de 5 000 FCFA à 25 000 FCFA dès janvier 2024. Le Ministère des Transports porte à l'attention de l'opinion publique nationale et internationale qu'il s'agit d'un FAKE NEWS. Aucune augmentation du timbre du Permis de conduire n'est envisagée.

Trois remarques sur ce document. Il ne porte aucun numéro de référence. Il ne porte aucune date. Et il est signé du chef de la Cellule de la communication, pas du ministre, ce qu'au moins un média a présenté de travers en attribuant le démenti au ministre lui-même.

Il a été rendu public le 13 novembre 2023, date établie par les articles qui l'ont diffusé et non par le papier. Le ministère ne l'a jamais publié sur son propre site : nous avons parcouru la totalité de ses communiqués sur mintransports.cm, il n'y est pas. Les seules copies sont hébergées par des sites d'information.

Vient l'intéressant, qui est la base de calcul. La note dément une hausse « de 5 000 FCFA à 25 000 FCFA ». Or l'article 550 disait 10 000 FCFA depuis le 1er janvier 2023, fixés par la loi de finances 2023, onze mois avant que la note ne soit écrite. La cellule de communication a démenti sincèrement une hausse qui ne venait pas, et a répété un tarif courant que son propre gouvernement avait déjà doublé.

Les 11 500 méritent une ligne parce que l'arithmétique est tentante : 10 000 de timbre du permis plus 1 500 de timbre de dimension font exactement 11 500. L'agrégateur qui les publie ne décompose rien, et nous n'avons trouvé aucun texte imposant les deux timbres sur une même demande. C'est une décomposition plausible, pas un total vérifié.

temovision.com réussit à loger trois chiffres incompatibles sur une seule page : le timbre à 5 000, le permis à 250 000 et le prix de délivrance à 10 000, plus 240 000 de demande et d'examen. Trois de ces quatre nombres désignent des choses différentes et la page les traite comme une seule.

Échanger un permis étranger

Nous n'avons trouvé aucun texte camerounais et aucun montant officiel. Ce que nous pouvons établir, c'est l'obligation, par le ministère français des Affaires étrangères, qui fait autorité sur les permis français et non sur les tarifs camerounais : un permis français est valable trois mois après l'arrivée, après quoi la conversion auprès du ministère des Transports est obligatoire, et le permis international délivré en France n'est pas reconnu au Cameroun. Les montants qui circulent pour la conversion viennent de guides d'expatriés, dont l'un a plus de dix ans, et nous ne les reprenons pas.

Un chiffre à sortir de votre budget

Ne pas présenter son permis, ou conduire sans permis, coûte 25 000 FCFA d'amende au titre de l'article 41 du Code de la route et d'une circulaire de police de 1990. C'est une sanction, pas un tarif. Le montant est par hasard celui de la hausse de timbre démentie en 2023, et les deux n'ont aucun rapport.

Sources

Sauf mention contraire, documents consultés le 21 octobre 2026.

  • Code général des impôts, édition 2026notre copie, impots.cm. Articles 464, 547, 550 et 553. Volume archivé. L'édition 2022 a été lue pour le timbre antérieur de 5 000 FCFA.
  • Loi n° 2023/019 du 19 décembre 2023notre copie portant loi de finances pour 2024, et son exposé des motifs. Article 33 sur les autorisations de transport. Déposée sur prc.cm.
  • Ordonnance n° 2024/001 du 20 juin 2024notre copie, vérifiée sur l'article 550 : elle ne le touche pas.
  • Catalogue des services payables du Trésor, fiche MR027-FR-14, lue par l'interface publique.
  • Ministère des Transports, annuaire statistique TRANSTAT 2025, pour le projet biométrique et pour l'imprimeur.
  • mintransports.cm, permicam.cm et le portail des titres sécurisés. Aucun barème sur aucun des trois.
  • Ministère des Transports, note d'information « Pas d'augmentation du timbre du permis de conduire en 2024 ». Nous avons lu le scan signé. Elle ne porte ni numéro ni date. Elle est hébergée par des sites d'information et non par le ministère, dont les communiqués ne la contiennent pas.
  • Arrêté n° 00406/A/MINT/DTT du 28 avril 2000 portant réglementation du permis de conduire et des auto-écoles. Articles 19 et 46. Lu sur un hébergeur d'information juridique, non officiel.
  • Loi n° 2022/020 du 27 décembre 2022notre copie portant loi de finances pour 2023, article dix-septième, qui a modifié les articles 547 et 550. Archivée ici et lue directement.
  • 237online, 27 décembre 2022, pour la grille arrêtée par l'assemblée des auto-écoles, et Journal du Cameroun, janvier 2023, pour le titre qui en a fait un tarif de permis. Cameroon Tribune pour le précédent de 2016.
  • infospratiques.cm et temovision.com, agrégateurs, pour les affirmations concurrentes ci-dessus.
  • Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, France, conseils aux voyageurs pour le Cameroun, sur la validité de trois mois du permis français.

Le Cameroun n'a pas de Journal officiel en ligne. prc.cm fait office de journal de référence, et sa page consacrée à la loi de finances 2023 ne porte aucun document.

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Page mise à jour le 21 octobre 2026